... Dans la nuit bleu lavasse de sa paire de Levis...
C'est Bashung qui chante Gainsbourg ....
Il y a la composition de Gainsbourg Il y a la voix de Bashung Il y a le graphisme ravageur de cette video : Trois couleurs : je pense aux dessins d'Aubrey Beardsley dans le Salomé d'Oscar Wilde
Je pense à Guido Crepax...
Je pense une rencontre entre le surréalisme et le pop art
Un univers coulant des veines Max Ernst, et Leonora Carrington quand ils étaient amants
Max Ernst : le jardin de la France, 1962
Max Ernst : la toilette de la mariée, 1940
Un bestiaire onirique...
Carrington : autoportrait
Sans oublier Alice...
Alors ... dans la nuit bleu pétrole de ma paire de Levis, m'évertuant à faire des volutes de sèches au menthol... J'écoute... les variations sur Marilou chantées par Bashung.
... par Dorothy Parker avec cette peinture au vitriol de la condition féminine aux USA.
Je viens de relire le livre....
Dorothy commença en 1916 à apporter au magazine Vanity Fair de cruelles petites chroniques en vers. Celles-ci , une fois réunies deviendront les Hymnes à la haine.
C'est caustique, énorme, cru, aussi dérangeant que les peintures de Maupassant.
Extrait de Hymnes à la haine (Hate Verses), ici dans la traduction de Patrick Reumau : "Je hais les Femmes : Elles me portent
sur les nerfs.
Il y a les Femmes d'Intérieur... Ce sont les pires. Chaque instant est ficelé de bonheur. Elles respirent avec méthode Et pour l'éternité se hâtent à grand pas vers la maison Où il faut surveiller le dîner...
Il y a aussi les Douces Qui disent avec un tendre sourire « L'argent ne fait pas le bonheur » Et ne cessent de me faire admirer leur robe En me confiant : « Je l'ai faite moi-même »... Et vont épluchant les pages féminines des magazines ; Toujours à essayer de nouvelles recettes... Ah, que je les hais, ces sortes de femmes !
Et puis il y a les Petites Fleurs Sensibles. Les Pelotes de Nerfs... Elles ne ressemblent pas aux autres et ne se privent pas De vous le rappeler. Il y a toujours quelqu'un pour froisser leurs sentiments, Tout les blesse... très profondément, Elles ont toujours la larme à l'œil... Ce qu'elles peuvent m'enquiquiner, celles-là, à ne parler jamais Que des choses réelles, Des choses qui importent vraiment. Oui, elles savent qu'elles aussi pourraient écrire... Les conventions les étouffent : Elles n'ont qu'une seule idée, partir...partir loin de tout ! Et moi je prie le Ciel : oui, qu'elles foutent le camp !
Et puis, il y a celles qui ont toujours des ennuis. Toujours. En général avec leur Mari... On est injuste avec elles, Personne jamais ne les comprend, ces femmes. Elles arborent un petit sourire désenchanté Et quand on leur parle elles sursautent. Elles commencent par vous dire que leur lot est de souffrir En silence : Personne ne saura jamais... Et en avant le déballage... Et puis, il y a les Madame-Je- Sais-Tout. Elles sont la peste ! Elles savent tout ce qui de par le monde arrive Et sont au régal de vous en informer. Il est de leur devoir de corriger les impressions fausses, Elles connaissent les dates de naissance, les second prénoms De tout un chacun Et leur être sue la banalité factuelle. Pour moi, elles sont l'Ennui ! Il y a aussi celles qui s'avouent Incapables de deviner Pourquoi tant d'hommes sont fous d'elles ! Elles vous disent qu'elles ont essayé mais en vain. Elles vous parlent du mari d'une telle : Ce qu'il a dit Et sur quel ton... Ensuite elles soupirent et demandent : « Chérie, en quoi cela d'ailleurs me concerne-t-il ? » Ne les détestez-vous pas, celles-là, vous aussi ?
Il y a enfin celles qui ont toujours le sourire aux lèvres. Elles ne sont pas mariées, Passent leur temps à distribuer de menus cadeaux, A préparer de petites surprises, Elles me conseillent de prendre, comme elles, les choses Du bon côté. Ah, que deviendraient- elles si elles venaient à perdre leur sens De l'humour ?... Et moi qui brûle de les étrangler !... N'importe quel jury m'acquitterait.
Je hais les Femmes : Elles me portent sur les nerfs." Une écriture assassine : Dorothy Parker dénonçait déjà au début du XXème siècle ici l’impossibilité d’un rapport vrai entre les sexes, chacun se croyant tenu par la morale les contraintes sociales et la respectabilité, de se conformer à une sorte de caricature de lui-même. Thème récurrent dans le cinéma américain et sujet radiographié aujourd'hui dans le phénomène " Desperate Housewives", puis dans un autre genre avec "Mad men".
On est bien loin d'Edith Wharton . J'ai envie de mettre cet "Hymne à la Haine" en regard avec deux personnages de films américains sortis en 2003 : "The Hours" de Stephen Daldry et "Loin du paradis" de Todd Haynes. Deux rôles tenus par Julianne Moore : Laura Brown dans "The Hours" :
Cattelan expose au musée Guggenheim de New-York jusqu'au 22 janvier 2012.
Le fonds de commerce de Maurizio Cattelan : la provocation.
Comme celui de Monet était l'impressionnisme, celui de Picasso, le cubisme.
Sacrilège : On ne compare pas !!! ?
Aujourd'hui tout le monde trouve des chefs- d’œuvre là où le public des siècles passés voyait... des provocations. C'est le sens de l'Histoire qui veut ça.
Cattelan, donc, provocateur.
C'est vrai , mais ce serait un peu court de s'arrêter là, à moins de refuser toute discussion sur ce qui est moral... ou pas,
Vulgaire... ou pas.
Sur ce qui est de l'Art ... ou pas. Bref, de voir la vie en noir et blanc . Ce serait dommage !
Moi, Maurizio Cattelan me touche parce qu'il remue en moi des choses troublantes, enfouies ... ou pas enfuies... ou pas avouables... ou pas
morales... ou pas
Et cela me questionne, m'étonne, m'émeut, me fait sourire, me dérange.
La donna crocifissa, 2008 Cattelan n'a pas de velléité politique dans son travail. Non, il propose juste un autre regard, décapant, corrosif, ironique et au final très humain dans toutes ses dimensions-là, sur le monde.
Ci-dessous, un ensemble de 9 sculptures en marbre de carrare : neuf linceuls. Chaque homme qui meurt s'y retrouve.
Vu en novembre à la Pointe de la Douane de Venise. Vraiment troublant !
All, 2008
La Nona ora, 1999
Châtiment divin envers celui qui a pêché par orgueil ? En voyant le film de Nanni Moretti :"Habemus papam", je n'ai pas pu m'empêcher de penser à cette œuvre.
Ironie mordante de Cattelan
Him, 2001
Cattelan dit qu'il va bientôt s'arrêter de travailler. Pour lui, tout a été dit ?
Que fallait-il pour que la très dévote Madame Whistler rencontrât un jour d'automne 2011 une vertigineuse bottine à semelle rouge signée Christian Louboutin ?
Une audacieuse campagne publicitaire signée Peter Lippman.
Une occasion de revisiter nos classiques et d'exercer notre sagacité.
En effet , il s'agit bien d'une référence évidente au tableau " Portrait de la mère de l'artiste" daté de 1871... sauf qu'il ne s'agit pas ici de la mère de l'artiste.
Regardons d'un peu plus près : Visage fané de la véritable mère de Whistler, et visage mature certes, mais encore énergique du modèle de Lippmann. La nature du regard a changé : une tranquille assurance pour le portrait moderne contre un air plus contraint sur l'autre. Mouchoir de dentelle tenu par deux mains croisées émergeant de manchettes plissées : prière et méditation ?
"Qu'ai-je bien pu faire de mon chapelet ?" Va-telle bientôt s'agacer.
Bottine à talon aiguille strassée et couronnée de fourrure présentée sur une main ouverte comme un écrin naturel." Où ai-je bien pu laisser ma chaussure droite ?" va-t-elle bientôt s'interroger.
Transparence amidonnée de la coiffe venant contrarier le tissu lourd du vêtement chez l'aïeule. Coiffe moins aérienne mais robe soyeuse dont les reflets dans les plissés jouent avec la lumière pour vivifier cette photographie publicitaire. Les motifs du rideau prennent le pas sur le textile sombre de la robe chez Whistler, tandis que chez Lippmann, celui-ci se fait plus discret pour ne pas tuer le chatoiement du vêtement .
Dans le cadre, on devine des scènes toutes deux pittoresques mais différentes. Deux compositions rigoureuses. Une pertinente reconstitution en studio...
Je suis sûre que Whistler fils, dandy très décontracté cultivant une vulgarité pas toujours bien maîtrisée n' aurait pas détesté flirter avec les excentricités louboutines...
A l'heure où la mécanique du madison pour permanentes bleutées laisse la place aux peu élégantes danses country, hélas furieusement tendance dans nos salles polyvalentes françaises, il devient urgent de laisser là le style bourrin et revenir enfin aux fondamentaux.
Nos grands-mères avaient du souffle, de l'aisance et savaient jouer de leurs gambettes .
Et elles étaient élégantes, elles !
Le charleston, un cardio- training de chic et de charme plus glamour que le body- attack de nos salles de sport !
Et l'harmonie du couple en mouvement dans tout ça ?
Vous pourrez m'objecter qu'aujourd'hui la salsa, c'est quand même plus sensuel et caliente que les danses de salon un peu compassées d'autrefois...
Certes, certes, mais le fox-trot avait un petit charme désuet. Un pas de deux bien rôdé qui laissait envisager de douces chorégraphies, voire plus si affinités... A commencer par un flirt en terrasse en sirotant un flip ?
Et puis... Oh ! Et ces sublimes escarpins à talon bobine...
Dans les Années Vingt, ces "danses de sauvages" venues des USA investirent l'Europe comme de puissantes vagues de libération et de défoulement après l'absurdité de la Grande Boucherie de 1914- 1918.
Cette vidéo bourrée d'humour retrace à sa façon les origines du Black Bottom... Un enchaînement de pas venus de la rue et des vastes plaines du Middle West pour gagner ses lettres de noblesse à Broadway.
Comme quoi, on n'a rien inventé avec le Hip Hop !
Météores 2009, festival de danse Du 16 mai au 6 juin : Vidéodanse, spectacles, films, installations. Centre Chorégraphique National du Havre Lieux : Haute-Normandie (CCN) Prieuré de Graville Appartement témoin Perret Musée Malraux L’Eden - le cinéma du Volcan